Babel – Interview

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Si vous avez suivi l’actu Dailyzic de l’été vous savez que nous étions au festival “ Au fil du son” à Civray 86 où nous avons passé un week-end mémorable. A cette occasion nous avons rencontré un groupe que , je l’avoue, je ne connaissais pas du tout.  Babel. Quatre musiciens d’univers différents, une équipe derrière, motivée et portée par l’amour du bon son.

Je peux affirmer que c’est un des groupes qui nous a le plus retournés du week-end. Mélangez chanson Française, piano, violoncelle et un DJ et vous avez un petit aperçu de ce que peut être Babel. Ajoutez à cela une identité visuelle propre au groupe et vous vous rapprochez déjà un peu plus.

A l’occasion du festival nous avons eu la chance de les rencontrer et de discuter avec eux. Alors plutôt que de vous raconter le groupe, je vais leur laisser la parole à travers la retranscription de notre conversation.

 

Je vous laisse juste avec ces infos, l’EP sort en octobre, l’album en 2016.

Vous pouvez retrouver le groupe sur le site http://letourdebabel.com

et écouter le single phare de l’EP ici

Je tiens à remercier l’ensemble du groupe pour la sympathie dont ils ont fait preuve, le staff et Mickael qui les accompagne partout, Adalsindouze pour la retranscription et bien sûr le festival Au Fil du Son

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BABEL

Seb (auteur, interprète)

Solène (violoncelle, scie musicale)

DJ Slade (platines, human beatbox et MAO)

Nino (claviers et MAO)

D: Bonjour Babel, il est difficile de trouver des informations sur votre groupe.

BABEL: C’est faux. (rires)

D : Nous avons essayé de nous renseigner sur vous, et nous n’avons trouvé qu’un dossier de presse assez succinct.

BABEL (Mika le manager) : Ha ça c’est vrai, le dossier de presse n’est pas super accessible pour le moment.

D : J’ai essayé de mettre un style musical, ou des influences sur l’EP que j’ai entendu, et je n’y arrive pas. C’est perturbant.

Seb : Moi, je trouve que c’est plutôt bon signe.

D : Ta  façon de chanter Seb est assez rock. On retrouve des tonalités et d’autres choses qu’on trouve sur la scène rock française, mais la musique est plus électro. Au final, on a du mal à définir exactement le style musical de Babel.

Seb : Nous utilisons le terme générique chanson, nous posons des textes, en francais, sur n’importe quel style musical. Que ce soit du rock derrière, du hip hop ou n’importe quoi, quand on a du texte français avec des couplets et des refrains, on peut considérer que c’est de la chanson. Maintenant,  nous on rajoute quand même le terme électro, Chanson électro, nous c’est comme ça qu’on se définit.

A une époque, on disait chant-son, pour qu’il y ait le côté texte, mais en même temps qu’il y ait du son, le côté électronique…

c’est vrai, qu’il y a un côté un peu pop dans l’univers de Babel..

Nino : C’est de la pop-électro..

 

D : Oui, c’est tout plein de choses en fait…

Nino : Pour le coté Rock, on retrouve dans Babel l’énergie rock, mais sans la guitare et la couleur de cette musique.

 

D : Il y a la voix et l’énergie du Rock!

Nino : Voilà, on fait du rock, sans la guitare, et sans batterie.

Solène : Voilà, l’énergie est rock, on fait du air-chanson quoi.

Seb : Chanson électro, ça paraît être le truc qui  résume un peu, même si voilà…c’est un peu chanson fourre-tout la chanson électro…

DJ Slade : Chanson hybride…

Seb : Il est compliqué de se définir, C’est bien de laisser la musique se définir elle-même. Et après, si t’es emmerdé et que tu sais pas définir et dire ce que c’est…bah c’est ton problème (rire général).

Solène : On est pas dans une case en fait…

 

D: Vous avez également un visuel impressionnant et professionnel qui donne l’impression que le groupe tourne depuis des décennies. Le premier album date de quand ?

Seb : Le premier album date d’il y a 4 ans.

Solène : Rentrer dans une  case est compliqué, car il est important d’être identifié en 3 mots…et même nous, nous avons réduit au terme chanson électro, mais il y a tellement d’autres choses dedans… Nous aimons le terme organique, autant dans le travail du son de Thomas (l’ingénieur son), que dans la production, que dans ce qui va se passer.

Seb : Nous mélangeons le chant, violoncelle, bois et le côté machine électro, le scratch. Le mélange des deux nous plaît bien. En fait le meilleur terme pour définir Babel est de dire que nous faisons… du Babel.

Solène : Du boum boum sensible…

 

D : D’ailleurs, pourquoi BABEL ?

Seb : A la base, c’est pour la sonorité du mot, je pense à un côté rythmique et en même temps ouvert, la répétition du B, c’est un jeu de mot. Mais également ce que ça raconte. Dans la mythologie chrétienne, c’est le moment où des hommes ont essayé de faire des choses ensemble, pour s’élever, et finalement ont été obligés de rester ici, sur Terre, dans le concret et de faire des choses ici-bas. c’est également le début de la diversité culturelle, la diversité des langues, le fait que les hommes sont devenus différents..

Nino : Ils ont quand même bien été obligés de faire des choses ensemble, de vivre ensemble…

Seb : Ça rejoint ce que nous disions…Nous sommes quatre personnes d’origines et d’horizons différents

Solène :Quatre langages différents.

Seb : En schématisant il y a le côté plus électronique, le côté hip hop,le côté chanson rock et le côté classique-jazz.

Solène : (rire) Pas classique, je veux pas de ce mot là.

Seb : C’est ce que nous incarnons dans le sens où nos instruments incarnent cela. Et du coup, c’est la problématique, et la richesse d’avoir ces 4 éléments pour pouvoir en créer un 5ème.

DJ Slade : C’est un challenge, un réel enjeu pour nous de faire une musique hybride et qui ne ressemble à rien d’autre.

 

D : Babel a connu un creux?

Seb : Le groupe se cherchait un peu.

DJ Slade : Nous n’étions pas perdus, nous sommes juste plus sur la direction que nous voulons prendre maintenant. Nous commençons à avoir une couleur plus claire et commune.

Solène :Nous assumons notre direction.

 

D: Comment cette “ couleur “ est elle reçue par le public ? Comment réagit le public à ce style difficilement identifiable?

Solène : Ils prennent, je crois.

DJ Slade : Ca se passe super bien.

Nino : Nous ne sommes pas tout public, le terme serait erroné , mais les amateurs de chanson s’y retrouvent autant que les personnes attirées par les musiques festives.

Seb : Si, si on peut dire que c’est tout public. Je trouve que ce n’est pas exagéré…

Solène : Regarde Lignières…

Seb : Nous touchons des générations différentes, notre concert à Lignières en est un bon exemple. Il y avait un public amateur de chanson à texte, qui a quand même pris.Il a été sensible à la mélodie, à des arrangements nouveaux, à quelque chose qu’ils ne connaissaient pas. En même temps il y avait un public de jeunes, un peu foufou qui voulait sauter et prendre du gros son, des amateurs de rock aussi…Grâce à la diversité de nos influences, je pense que nous touchons pas mal de gens. Donc je trouve ça assez juste que nous nous disions tout public. (BABEL se marre).

Nino : On ne cherche pas à plaire à tout le monde, mais il y a ce constat là . Sur notre page Facebook, nous voyons des générations différentes, des cultures différentes.

Seb : Comme disait  INDURAIN, le grand philosophe..

 

D: « t’es dans le virage, tu tournes avec » ! Vous avez commencé à tourner il a combien de temps ? 3mois ? 4 mois ?

Seb : Les festivals sont très récents…février-mars-avril, mais plutôt mai-juin sur la tournée d’été. Qui se termine ce soir d’ailleurs.

 

D : C’est la dernière ce soir ?

Seb : De l’été, on reprend fin septembre.

 

D: Je suppose que vous avez dû rencontrer plein de journalistes, plus ou moins haut de gamme, des paysans de DailyZic jusqu’aux grandes stars du journalisme musical. Quand on essaie de préparer l’ interview, on pose les questions « votre nouvel album ? Et machin et truc… » et, au final on se dit que ça doit juste la 327ème fois qu’on vous pose la question. Est ce qu’il y à un truc qu’on ne vous demande jamais, auquel vous aimeriez bien répondre ?

Solène : Le numéro de téléphone du pianiste…

on nous l’a déjà demandé en plus (MDR)

Seb :  Non, le jour où on nous posera la question, on dira « ha c’ est cool, on nous l’a jamais posée celle là », mais alors de la réfléchir à l’avance, je peux pas.

 

D : Dans le style de question qu’on ne vous a pas posé, je pense…si BABEL devait avoir un super pouvoir, quel serait il ?

Solène : Pouvoir faire des bonds immenses, ou voler.

BABEL : De royaumer sur le monde…(ils éclatent de rire)

Nino : Science fiction autorisée ?

Seb: De pouvoir faire notre show sans électricité. Et envoyer du gros son et des grosses lumières sans avoir besoin de l’électricité.

Solène : C’est vrai,la consommation électrique est en inadéquation avec notre discours. Je n’aimerais pas connaître la consommation d’un festival par exemple.

Seb: Plus tant que ça en fait, maintenant tout est en LED au niveau des lumières, et en automatique. Ça a beaucoup diminué.

Solène : Mais c’est très juste comme idée.

DJ Slade: Je ne dirais pas mieux alors….

Seb : Bon après, je pense que là c’est commun, mais  il y a un fond écolo, même si nous ne sommes pas de vrais écolos au sens où on n’habite pas dans une yourte et on a pas un bilan carbone à 0, mais c’est des valeurs que nous portons.

 

D : C’est bien, justement de penser à la consommation d’électricité que peut générer un festival comme LE FIL DU SON…

Seb : Et l’essence, ceux d’entre nous qui roulent à je ne sais quoi dans un camion, à la flotte, euh…au Ricard.

DJ Slade : Ha bah non. Pas au Ricard parce que t’imagines la consommation sérieux…

Seb : A la pastille Valda sinon…

DJ Slade : T’es sur la route, t’as soif, tu t’arrêtes tu te sers dans le réservoir, quand y en a plus tu refais le plein.

 

D : Donc, ce soir dernier show de la tournée d’été,  une grosse date d’après ce que j’ai compris.

Seb : Ca sera la plus grosse audience des  festivals qu’on a fait jusqu’ici.

 

D : Vous abordez ça comment ? Tranquille ? ça va bien se passer de voir 17000 personnes devant la scène en train de vous écouter ?

Seb : Oui, c’est nouveau pour nous.

DJ Slade : On l’a jamais fait en fait. Là on est un peu des grands enfants dans une cour d’école devant quelque chose de nouveau. ce qui nous rassure c’est que la scène est à peu près équivalente à celle des Francofolies, l’accueil est vraiment bien, et du coup tout est fait pour qu’on soit bien et c’est quand même flippant de se dire qu’il y aura sans doute, des milliers de personnes ce soir. C’est ce qui fera le truc..

Seb : Voila la conséquence de ce jumelage chanson-électro qui est quelque chose de récent pour nous. Nous sommes considérés par les programmateurs comme un groupe  qui peut aussi se mêler à des groupes comme CHINESE MAN etc. C’est intéressant pour nous parce qu’on vient vraiment des espaces culturels, des théâtres, on vient vraiment du milieu chanson à l’origine.

 

D: D’ailleurs, vous venez d’où ?

Seb : Géographiquement, on vient du Maine et Loire tous les 4.

Pour tout te dire, c’est la plus grosse jauge ce soir, s’il y a vraiment 7000 personnes ce soir, ce sera notre record.

Nino : Apparemment hier, c’était 7000 entrées, plus les bénévoles etc.

Seb :  Je pense que c’est le triple du plus gros qu’on ai déjà fait sur un festival, donc imagine.

 

D : 7 à 10000 personnes, CHINESE MAN derrière, une des références de l’électro en France, ça fait quoi ?

Nino : Cest la classe de jouer avec des affiches comme ça, on partage les scènes avec eux, en plus on joue devant eux, c’est une chance en fait.

Solène : C’est une chance de toucher un nouveau public en fait.

 

D : Merci encore à vous Babel!

BABEL : DE RIEENNN

DJ Slade : Han, j’avais pas vu le téléphone qui enregistre, je me suis « ils sont trop fort quand même, ils enregistrent tout dans leur tête »..

 

……non non, BABEL, on a beaucoup de mémoire mais faut pas en abuser…merci à vous;)