BRAHIM – « déconnecté »

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Oyez Oyez !

20 Octobre 2014 : Sortie de l’album « déconnecté » de BRAHIM !

Voilà le 4éme opus de Brahim et croyez moi, il envoie vraiment du lourd !

Pour ceux qui ne connaissent pas encore cette référence du reggae « french touch », Brahim est un pionnier de la scène reggae francophone.

Il fait ses premières armes au sein d’un sound system (le « Wadada Sound System« ) dans les années 90′ puis sort son premier album en 2000 « dans quel monde on vit« , en 2009 et 2012 sortiront respectivement : « toujours sur la route » et « sans haine« . Chanter ? Brahim ne sait faire que ça, la scène c’est l’endroit où il se sent bien, où il se sent vibrer. Il écumera d’ailleurs de nombreux festivals : les francos, le jamaïcan sunrise, le printemps de bourges, etc… pour ne citer qu’eux.

Ce nouvel album, il l’a voulu direct, sans détours à la manière du hip-hop, pratiquement en « one-shot » et c’est ce qu’on retrouve en écoutant les différents titres. Une grande impression de fraîcheur se dégage de par les riddims composées par Emmanuel Heron aka « ManuDigital » le Riddim-Maker/Producer  (bassiste de profession, il a notamment fait partie du groupe « babylon circus« ) que l’on connait pour ses multiples réalisations dans le domaine du Reggae/Dub (Biga Ranx…etc) ainsi que par sa chaîne youtube où accompagné de son célèbre clavier casio mt-40 il fait « jammer » les plus grands noms du reggae ! (à voir!)

Cet album a donc des sonorités plus electro que les précédents, les riddims sont efficaces et on retrouve à l’écoute un album super bien ficelé, où les paroles sont portées par la musique et sont mises en première ligne.

Concernant les différents thèmes abordés, on retrouve ce qui à toujours inspiré Brahim, c’est à dire des sujets de la vie de tout les jours.

J’ai eu la chance d’avoir Brahim en Interview téléphonique et avant de vous retranscrire tout ça, je vous encourage vivement à écouter cet album qui j’en suis sûr fera un carton et fera certainement fondre vos lecteurs CD à force de tourner dans la voiture !

« Déconnecté » : Un album frais et puissant ou les riddims electro de manudigital s’accordent à merveille aux textes et au flow de Brahim ! à écouter de toute urgence !

Je n’en dis pas plus, le reste se trouve dans l’interview ci-dessous !

Interview téléphonique de Brahim – (enregistrée le 26/09/14)  (un grand merci à l’équipe de « Baco Records »/spécial thanks à  Aurélie !)

1- Bonjour Brahim, que de chemin parcouru depuis la sortie de ton premier album « Dans quel monde on vit » en 2000, 14 ans après tu t’apprêtes à sortir ton nouvel album « Déconnecté » sous le label Baco Records.

Finalement, tu as trouvé une réponse à tes interrogations ? Malgré « l’ère du numérique » censée faciliter le rapprochement et la communication entre les gens, le monde dans lequel on vit est vraiment « Déconnecté » ?

« Oui selon moi il est déconnecté, et selon moi plus on est connecté plus on est déconnecté et c’est pour ça que j’ai appelé mon album « déconnecté » en fait. Tu parlais de l’album « dans quel monde on vit », mais il y a souvent des questionnements dans mes albums, dans « sans haine » il y avait un morceau qui s’appelait « faut-il » et c’est aussi un questionnement, je me considère comme un humain concerné qui se pose des questions et plutôt que de rentrer (comme je l’exprime dans mon titre « les rumeurs ») dans des trucs sans fin je préfère avoir du recul, me poser des questions sur les choses, c’est plus sage. »

 

2- En écoutant ce nouvel opus, on se rend compte à travers les thèmes développés de l’importance pour toi d’avoir des racines, un point d’ancrage, de réfléchir par nous même, d’être anti-conformiste et d’avancer à contre-courant, est-ce exact ?

« A contre-courant en tout cas d’un courant qui moi ne m’intéresse pas, mais c’est vrai que j’ai souvent développé ça et puis je me l’applique aussi à moi-même, j’veux dire par là : essayer de se connaître. Et c’est ce que j’essaye, c’est le combat d’une vie de se connaître, de savoir ce qu’on veut, ce qu’on ne veut pas, ou on veut aller ou on ne veut pas aller.

Après les racines, personnellement je suis un peu un déraciné, j’me considère comme un être humain, j’me lève le matin, j’me pose pas la question de savoir si je suis un Algérien, un Français, parce que pour moi je n’ai pas de pays, je n’ai pas de drapeau, … Je suis là, un citoyen du monde.

Dans le titre « second rôle » je parle des racines mais j’ai aussi voulu montrer que des fois on est boycotté, on est le second rôle. Je suis issu de l’immigration et j’ai souvent remarqué ça au cours de ma vie, on est souvent relégué au second rôle. Mais j’me dit aussi que j’en ai plus rien a foutre quelque part, en fait c’est ça que veut dire le morceau, c’est que ça fait quarante ans que je suis là et je suis ce que je suis qu’on m’accepte ou que l’on ne m’accepte pas. Aprés, c’est un constat des choses que je pense vraies. »

 

3- On peut voir que c’est Emmanuel Heron « manu digital » qui s’est occupé de la musique de ton prochain album. En l’écoutant, on se rend compte que cet album est vraiment « frais », il y a une touche plus « electro » mais les textes restent toujours à la première place, c’est  le parfait équilibre entre le fond et la forme ! comment vous êtes-vous rencontré ? comment a été conçu cet album ?

« Alors, Manu je le connais depuis déjà 7-8 ans, il avait un sound system « digital sound system » et il m’avait appelé pour faire des dubplates pour son « sound » c’est comme ça que l’on s’est connu. J’aimais bien comment il bossait, il est carré, il m’avait parlé qu’il jouait avec un band aussi, c’est comme ça que j’ai rencontré kubix aussi d’ailleurs et depuis ce temps là on est toujours resté en contact, et comme on s’apprécie autant dans la vie que ce qu’on fait dans la musique on a décidé de faire cet album « déconnecté ».

Moi étant à Tours et lui à Paris, on voulait un concept qui soit brut, direct, sans trop de fioritures aussi.

Donc il m’envoyait des musiques et je mettais un premier jet sur ces sons là, ensuite je suis monté à Paris et on a enregistré direct plus ou moins en « one-shot », le thème c’était un peu « on se pose pas 10 Millions de questions ».

Par rapport à l’album « sans haine » qui était plus musical, plus posé, je suis rentré dans ce projet en mode « direct », il y avait plus de musiciens dans mes précédents albums, et celui-ci on l’a vraiment voulu plus digital, plus électro. Chose que j’ai toujours kiffé en plus. »

 

4- Peux-tu nous donner quelques dates concernant la tournée « déconnecté » ?

« Alors il y a des dates qui vont venir, j’en ai déjà fais quelques unes.

le 28 Novembre à Gap avec Danakil

le 29 Novembre à Bordeaux à la Rock School Barbey (« Jamaïcan Story 11 » avec legal shot sound system, tomawok, …)

Après il y a des dates qui vont d’ajouter quand le projet va sortir. »

 

5- Quelle est ta « dailyzic » actuellement ? (qu’est ce que tu écoute en ce moment, quels sont les artistes que tu aimerais nous faire découvrir ?)

« Alors je suis un cinglé, j’écoute de tout, des fois pendant 4-5 h j’vais être posé chez moi et j’vais écouter de la musique.

J’peux écouter du Meek Mill c’est du gangsta rap, j’peux écouter de la soul, de la new soul, j’ai pas de barrières, j’écoute tout ce qui me fait du bien, tout ce qui m’emmène, je suis éclectique. »

 

6- enfin la dernière question : un ptit mot pour la communauté dailyzic.com ?

« Ben déjà un gros Big up vous tous, j’espère que vous apprécierez l’album et j’espère arriver un jour dans chaque ville pour jouer cet album. »