TAGADA JONES

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Le samedi 22 août 2015, le festival Festimap de Périgueux (24) accueillait les Tagada Jones pour un concert qui restera longtemps gravé dans nos mémoires de kepon. Une occasion en or pour Dailyzic de rencontrer Niko, le chanteur.

Niko, un grand merci aux Tagada Jones d’avoir fait le déplacement sur Périgueux, à quand remonte votre dernier passage ?
On a beaucoup joué ici à nos débuts, on vient quand même de temps en temps, mais pas énormément. On joue tellement sur cette tournée, nous en sommes à la 160ème date de cet album, on en fait les deux tiers en France. On est bien content d’être là, ça s’est bien déroulé, c’est cool.

Votre dernier album « Dissident » regroupe vingt titres pour vingt ans de musique avec de très riches collaborations d’artistes, comment s’est construit l’album ?
On avait envie de marquer un peu le coup, on s’y est pris un an à l’avance. On s’est dit, ce que l’on veut pour notre album anniversaire, ce n’est surtout pas que les gens se disent « tu vois, vingt ans, ah ils ont vieilli ». Dès le départ on voulait un album qui rentre bien dedans, dynamique. On a commencé à répéter un an avant pour créer les morceaux, et pour rester dans cette énergie, on a fait une vielle formule, on s’est mis dans un local de répet. On a composé 26 morceaux pour en enregistrer 20. On souhaitait en garder 15 pour Tagada et le reste pour des collaborations. Il y a énormément de groupes avec qui on a des affinités, on a composé les morceaux et on les a invités à venir jouer selon leur disponibilités dans notre local, ça s’est passé de la façon la plus simple possible, entre copains.

En 2015, vous avez sorti le single « Je suis démocratie » en référence aux attentats de Charlie Hebdo, quels sont depuis les sujets d’actualités qui vous animent ?

On a pas sorti de nouvelle chanson depuis mais je profite de chaque interview pour sensibiliser le public à la production massive. On est Breton et on connait la crise du porc avec une surproduction qui tire les prix vers le bas pour une viande de merde. On a la solution, simple, il faut ouvrir les yeux en faisant une production raisonnée, arrêter de polluer partout, et faire de bons produits. Il y a vingt ans, on se foutait de notre gueule car on faisait des textes écolo et dans le punk ça ce faisait pas trop (rires). Et puis on a arrêté car en Bretagne, il y a eu une prise de conscience avec des producteurs qui vendent directement aux particuliers en passant par une coopérative et en arrêtant de travailler avec la grande production et ça cartonne ! Les prix ont baissé avec des produits de meilleure qualité !

Après 20 ans de musique et de textes engagés, quels ont été les faits marquants qui ont construit l’identité actuelle du groupe ?
Le tout début, d’avoir voulu faire quelque chose tout seul, on avait 20 ans, on a tout plaqué pour faire de la musique, on a aujourd’hui une qualité de vie extraordinaire et nous avons notre propre structure de production de disques et de tournée. On est intermittents, on vit de notre passion, c’est pas vraiment un métier, c’est du plaisir. On vit dans un cadre où les gens sortent et sont encore heureux, c’est une qualité de vie incroyable ! à 40 ans, on part tous les week end, on est toute l’année dans le camion, c’est une vie d’éternels adolescents !

Peux-tu nous parler des projets 2015/2016 ?
Il nous reste six mois de tournée, on sort un live le huit octobre, on continue de tourner en France jusqu’en décembre, janvier on part quinze jours en Allemagne. On enchaine sur le Bal des enragés pendant neuf mois, il y aura très peu de dates Tagada Jones l’année prochaine. Après, sortie d’un album avec le Bal des enragés et d’un DVD et puis créer un nouvel album pour Tagada Jones qui sortira début 2017.

Quelle est votre Dailyzic en ce moment ?
Le dernier groupe qui nous a tous mis d’accord et qui nous a vraiment mis une claque c’est Maximum The hormone, groupe japonais avec qui on a joué il y a deux ou trois ans et qui mérite d’être connu.

Pouvez vous nous dire quelques mots pour Dailyzic et ses lecteurs ?
Faire pression sur le Sans Réserve pour qu’il change sa programmation. Une partie de mon temps je suis « booker », et je ne conçois pas que quand on utilise de l’argent public, on ne passe pas tout type de musique. Il y a trois ou quatre SMAC en France comme ça où nous ne sommes jamais aller jouer comme aucun des groupes de chez Rage tour. Il y a 20 ans, on a commencé à jouer dans ces coins-là, il y avait une vrai identité Punk rock à Périgueux, une vraie synergie… sans programmation, tu ne peux fidéliser les gens et c’est dommage.